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Questions de classe(s)

COVID-19 : Des lieux adaptés doivent être ouverts en urgence pour héberger les personnes à la rue, en particulier les mineurs non accompagnés.

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Ce communiqué inter-associatif est signé par le Comede (Comité pour la santé des exilés), Utopia 56, Timmy, Médecins sans frontières, les Midis du MIE.

Paris, le 12 novembre - Alors que le président Emmanuel Macron déclarait le 28 octobre que la deuxième vague de COVID-19 serait « sans doute plus dure et plus meurtrière », aucune solution d’hébergement n’a à ce jour été proposée aux personnes à la rue, parmi lesquelles des mineurs non accompagnés. Nos
associations demandent que des places soient ouvertes en hôtel de toute urgence pour donner à ces personnes vulnérables les moyens de se protéger, elles aussi, de la pandémie.
Bien que la France ait établi un couvre-feu il y a un mois et soit reconfinée depuis deux semaines, nombreuses sont les personnes à devoir encore survivre à la rue sans aucune protection sanitaire. C’est le cas notamment des plus de 2 500 exilés du camp de la Porte de Paris à Saint Denis, de 200 familles comptabilisées par Utopia
56 lors de ses maraudes et d’une centaine de mineurs non accompagnés à Paris d’après l’estimation de nos associations, et sans doute plus du double en Ile-de-France.
Dans son centre d’accueil et d’orientation de Pantin, Médecins Sans Frontières a accueilli 35 nouveaux mineurs (dont deux filles) sans solution d’hébergement depuis l’instauration du confinement, et suit au total près d’une centaine de jeunes à la rue. Un quart des patients du Centre de santé d’Ile-de-France du Comede
vit actuellement à la rue. Les Midis du MIE distribuent 60 repas par jour quatre fois par semaine aux mineurs non-accompagnés à Paris, la TIMMY répond aux besoins quotidiens de plus de 45 jeunes totalement démunis, Utopia 56 fournit du matériel de première urgence (tentes, duvets, vêtements chauds, ...) à près de 10
mineurs par jour.
Rien ne laisse penser que l’Etat et les départements se préparent à apporter une aide concrète à ces jeunes. A Paris, le Dispositif d’Evaluation des Mineurs Isolés Etrangers géré par la Croix Rouge, renvoie même quotidiennement vers la rue des jeunes épuisés sans leur proposer de solution d’hébergement. Nous
constatons avec inquiétude une dégradation de la santé physique et mentale des mineurs à la rue, liée à leurs conditions de vie et à leur isolement dans un environnement plus oppressant que jamais.
Au nom de la protection sanitaire pour tous, nos associations qui œuvrent aux côtés des mineurs non accompagnés en appellent à la responsabilité des départements, de l’Etat, du Ministère de l’intérieur et du Ministère de la santé. Elles demandent que des solutions d’hébergement soient garanties pour toutes les personnes à la rue afin de les protéger du virus : sans-abris, exilés majeurs, mineurs non accompagnés. Elles rappellent qu’une instruction interministérielle aux préfets datant du 3 novembre 2020 indique que « l’hébergement des personnes à la rue quel que soit leur statut est la première priorité ».
Lors de la première vague de COVID-19, les associations avaient dû pallier le manque de dispositifs officiels pour héberger ces derniers. Il est urgent que des mesures soient prises pour garantir à tous, et notamment à ces adolescents particulièrement vulnérables, protection et dignité. Pour éviter que ces dispositifs
d’hébergement d’urgence ne contribuent à créer de nouveaux foyers de contamination, les lieux collectifs tels que les gymnases doivent être évités au profit de placements en hôtels ou de tout autre hébergement comprenant des espaces de vie individuels, afin de permettre l’application réelle des mesures de prévention.
Les résultats d’une étude de séroprévalence de la COVID-19, réalisée entre juin et juillet, par Médecins Sans Frontières, Epicentre et l’Institut Pasteur en quatorze lieux d’intervention de l’ONG démontraient que la circulation du virus avait été plus particulièrement active dans les situations où la promiscuité était la plus forte, c’est-à-dire quand la personne devait partager chambre, douches et cuisine avec d’autres personnes.
L’étude indiquait un risque clairement accru de contracter la maladie parmi les personnes ayant été hébergées un temps en gymnase, avec une prévalence du virus SARS-Cov-2 chez ces personnes de 75%.

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