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Questions de classe(s)

Privatisations à l’université

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Jusqu’en 2018, les étudiants et étudiantes qui souhaitaient ajouter à leur diplôme une attestation de leur capacité à utiliser l’anglais dans le but de communiquer à l’oral et à l’écrit avaient deux solutions : passer le Test Of English for International Communication (TOEIC), payant et organisé par la société privée américaine ETS (Educational Testing Service), prisé par les écoles de commerce ou d’ingénieurs (dont Polytechnique) ; ou passer le Certificat de compétences en langues de l’enseignement supérieur (CLES), créé en 2000, certification d’État gratuite, organisée par les établissements de l’enseignement supérieur accrédités par le ministre après avis du CNESER, et qui certifie pour, outre l’anglais, une dizaine de langues.

En 2018, le gouvernement d’Édouard Philippe a décidé de rendre obligatoire une certification en langue pour obtenir les diplômes de licence, BTS et DUT, et de confier les évaluations non au CLES, jugé pas assez « international », mais à un prestataire privé.

C’est chose faite depuis décembre 2020 : un contrat, de 8 millions d’euros pour 2021 mais reconductible sans montant maximum, a été signé avec PeopleCert International Limited, société fondée par un entrepreneur grec, immatriculée à Chypre, spécialisée à l’international dans les certifications en … management et informatique. Pour intervenir auprès des universités dans la certification en anglais, cette société a d’ailleurs dû racheter une entreprise britannique, City and Guilds.

Que cette société soit, comme l’en accuse Mediapart*, « adepte de l’optimisation fiscale » ou non est finalement de peu d’importance. Ce qui est inacceptable, c’est que le gouvernement ne confie pas les évaluations devenues obligatoires pour la validation de diplômes publics aux services publics existants (le CLES et les universités) mais les vende à des entreprises privées organisatrices de tests, dans le même temps où il réduit de millions d’euros les sommes allouées à l’enseignement supérieur et la recherche.

On savait déjà que la plupart des laboratoires universitaires ne pouvaient fonctionner qu’avec les subventions de fondations privées. Du moins les enseignements et leur évaluation étaient-il assurés par les enseignant-e-s. Les diplômes nationaux vont-ils être un jour prochain délivrés par des officines ?

* https://www.mediapart.fr/journal/france/150221/universite-une-entreprise-adepte-de-l-optimisation-fiscale-decroche-le-marche-des-tests-d-anglais/

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